Notre réflexion sur la nouvelle offre de la SNCF qui vise à exclure les enfants … en oubliant sa mission d’inclusion !

Lors de la traversée de l’Indien, nous avons écouté en famille le Podcast de Lolita Rivet « Qui c’est qui commande » ; il parle de leurs droits et la place qu’on accorde aux enfants dans notre société. Il est vraiment super bien fait, nous vous le recommandons à 100 % !

Alors, quand la SNCF a fait connaitre sa nouvelle offre qui vise à exclure de certains wagons nos enfants (tout en acceptant les animaux et les adultes !!) cela nous a fait bondir ! Pas seulement pour le « no kids » qui existe déjà un peu partout dans les restaurants et certains hotels par exemple, mais pour le symbole qui, si on creuse un tout petit peu, est grave voire dangereux.

On s’est dmandés si c’était notre rôle de réagir, s’indigner, prendre la parole sur les sujets qui nous touchent. Et puis, on a conclu que tout était politique dans nos vies. Les choix que l’on fait, du travail que l’on a, aux modes de consommation, en passant par les façons de voyager, etc, tout est politique !
La société ne s’arrête pas aux frontières, les combats pour l’inclusion, la justice sociale et l’écologique nous concernent tous, quand bien même nous serions en plein milieu de l’Atlantique !

Alors la voilà, notre réflexion sur le sujet.

Wagons ‘No Kids’ à la SNCF : quand le service public valide l’exclusion et sabote la mixité sociale

Le « no kids » c’est un principe qui existe déjà, dans certains hôtels ou restaurants, MAIS dans le cadre d’une logique privée. La logique des entreprises privées, leur but, c’est le profit, pas l’intérêt général (je sais, #notAllCompanies). Et sous couvert de l’idée de la liberté des marchés, beaucoup d’entreprises se permettent (pour s’enrichir) des mécanismes de DOMINATION : on domine l’environnement, les animaux et d’autres groupes d’humains (comme des femmes, des enfants, et j’en passe). De cette façon, on comprend bien l’idée que la liberté commence là où se termine celle des autres. 

Le problème ? C’est que La SNCF est un service public, 100 % détenu par l’Etat. C’est à dire financé en partie par nos impôts (on parle de milliards quand même) ; en soit, c’est plutôt un truc très chouette, sauf quand elle crée des offres « bidon » pour une élite « bidon » dont nous faisons partie ;-). 

La SNCF fait quelque chose de vicieux et de dangereux. Elle divise… Quand une entreprise publique valide l’exclusion, elle ouvre la porte à toutes les autres divisions. Et  c’est quoi la suite : ‘NoVoile’,  NoPink, NoLGBT, NoWomenNoCry , on continue ? L’histoire nous montre où ça mène : apartheid, ségrégation, rafles, guerres civiles, génocide.  En faisant ça, la SNCF normalise la division. Ce n’est pas acceptable. Et, est-ce qu’on a bien vérifié que c’était légal ? rapport aux droits de nos enfants. Parce qu’ils en ont. 

Alors. C’est pour qui les wagons NoKids ?

Des adultes qui veulent ‘travailler en paix’. Des voyageurs qui peuvent se payer un billet à 100 € l’aller simple. Des personnes qui ne veulent pas franchement être confrontées à la réalité sociale : les enfants, les familles modestes, la mixité. En gros, c’est une sorte d’élite un peu déconnectée ! 

Et la question légitime c’est : qui a vraiment demandé ces wagons ? La SNCF évoque une « demande clients »… mais aucune étude publique ne prouve que cette demande est massive. En revanche, on sait que : 80 % des Français n’ont jamais pris le TGV. Et aussi que Les familles modestes sont déjà exclues par les prix : c’est à dire que en habitant en région parisienne et en cherchant à aller prendre l’air à la mer, à la montage ou la campagne, il faut compter entre 100 et 200 € l’AR, ce qui reste inaccessible quand on est payé au smic. 

→ Résultat : c’est Un service public qui finance un confort de luxe pour une minorité de privilégiés. Ca veut dire qu’elle exclue déjà plus de la majorité de la population, par les prix. 

Julie :

 » Bon et parlons un peu de nous.On peut peut-être se poser la question de la place qu’on nous accorde dans la société, la valeur qu’on nous donne. Nous sommes  des citoyens de seconde zone ! Déjà, on ne vote pas avant 18 ans, on considère qu’avant cet âge, notre avis, les adultes s’en fichent même quand ils s’agit de notre avenir ! et puis on nous accorde des miettes : les rues sont dominées par des  énormes voitures qui polluent où nous ne sommes plus en sécurité pour nous déplacer à pieds ou à vélo. Les parcs sont franchement des zones de relégation « allez jouer là bas et nous ne dérangez pas ».

En fait, les adultes qui décident de l’organisation des villes et des rues  privilégient les voitures et les autres adultes qui travaillent. Ca donne le sentiment qu’on serait une charge (il parait en plus que nos crèches sont saturées et que les institutrices/instituteurs ne sont pas payés à leur juste valeur pour nous faire l’école, d’ailleurs nos écoles sont sous financées), la société nous voit comme une nuisance ! Les adultes pourraient se poser la question de ce qui est la nuisance pour nous ! Qui est en train de saboter notre avenir avec leurs petits ordinateurs  pour préparer leur petite réunion pas importante et prendre leurs petites décisions pour ruiner la planète le plus vite possible ??? »

Aussi, ce qui est frappant, c’est qu’il s’agit d’une séparation arbitraire et symboliquePourquoi 12 ans ? Aucune justification objective ne tient (bruit, encombrement, …) ; QUI dérangent qui finalement ? 

Si on voulait vraiment exclure des nuisances  se basant sur des éléments objectifs, il faudrait imaginer une offre de wagons sans hommes, considérant les statistiques publiques formelles sur le sujet : 96% des personnes incarcérées sont des hommes, et 97% des auteurs de violences sexuelles. On sait que ce type d’exclusion est inacceptable, mais c’est aussi le cas pour nos enfants !

Et blague à part,  ce n’était quand même pas compliqué d’imaginer un wagon pensé pour eux, avec une bibliothèque, des jeux de société, des livres, une piscine à balle, de la musique, une boule à facettes, mon voisin totoro, bref ! 

Le vrai problème : c’est que l’offre OPTIMUM + ruine la la mixité sociale. Quand on ne se croise plus, on ne se parle plus. Quand on ne se parle plus, on ne se comprend plus et la peur remplace l’empathie. Et bingo, ça donne naissance aux conflits. Et avec la montée du fascisme en France, en Europe et dans le monde, ça devrait franchement nous révolter. On est encore en démocratie, notre service public se doit de rassembler, pas de diviser. La SNCF devrait être un laboratoire de mixité, pas un outil de ségrégation !

Alors, concrètement, si on n’est pas d’accord, on peut aussi signer la pétition (26 000 signatures, ce n’pas assez) et en parler à ses élus, à ses proches, partager autour de vous pour que le train soit un moyen de transport pour tous et pas pour une élite !

Lien pétition >> 

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