Trouver son rythme de voyage

En bateau, il y a celles et ceux qui aiment « checker » les escales, accumuler les paysages, les lieux et les activités comme autant de souvenirs tangibles.
Et puis, il y en a d’autres qui s’attardent, parfois des semaines, dans un même mouillage. L’expérience nous a appris que nous concernant, nous avons profondément besoin que le voyage se vive dans une forme de lenteur ! C’est une option possible en tout cas.
Et avec la préparation (dans un rythme soutenu) du départ sur l’Atlantique Sud, nos filles l’ont bien résumé ce matin : 2,5 mois en Afrique du Sud, c’est le temps minimum pour s’imprégner de la langue, des paysages, de la culture… et il faut déjà partir. Frustrant. Elles seraient bien restées plus longtemps, attendre les copains italiens qui ne sont pas loin derrière…
Nous voyons que la cadence imposée à nos enfants ne respecte pas pleinement leurs organismes inadaptés à des mécanismes issus d’un système qui privilégie la productivité constante, voire l’immédiateté, une dictature de l’urgence qui nous contraint parfois à fonctionner comme des machines !
L’Afrique du Sud, Bim Bam Boum !

2,5 mois, c’est à la fois long et à la fois trop court.
En tout cas, pour nous, un minimum pour que les rencontres soient favorisées, vivre au rythme local, apprendre la langue, mieux comprendre l’histoire du pays en visitant les township et les musées, en échangeant avec les locaux, on s’imprègne d’une ambiance – d’une faune – d’un écosysteme sous marin – de paysages, parfois on crée des liens qui vont nous toucher particulièrement.
Après quatre ans de navigation, nous y avons aussi découvert comment le voyage – souvent idéalisé – peut devenir un outil d’exploitation, un miroir des rapports de domination post-coloniaux.
Le tourisme n’est pas neutre: il révèle les inégalités, les privilèges, et la violence symbolique d’un système qui marchandise jusqu’à l’émerveillement. Et se retrouver face à quelques-unes de nos contradictions, ca chamboule un peu 🤷♀️. Mais on repart peut-être plus légers et on avance dans nos pérégrinations. 🤙
Tout ça est un peu frais, mais j’ai bien envie de développer le sujet. Affaire à suivre…
Traverser l’Atlantique sud

Nous sommes hyper privilégiés de pouvoir vivre cette aventure, bien conscients que si on est là aujourd’hui, c’est aussi parce qu’on « pouvait le faire » !
Derrière ce chiffre de milles, il y a bien plus qu’un acte sportif ou technique. C’est un gros morceau de vie, une accumulation de défis « sociologiques » qui ne se résument pas à la simple navigation.
Car ce qui se joue à bord, c’est aussi une réinvention permanente des rôles et des équilibres. Dans un espace confiné, où les libertés individuelles se heurtent au projet commun, et trouver sa place n’est pas toujours évident. La mer certaines dynamiques sociales !
Dans notre société, la sphère de la production (le travail, la performance, la productivité) et la sphère de la reproduction (le soin, l’éducation, la vie familiale) sont traitées comme deux mondes séparés, qui ne travaillent pas toujours ensemble. En bateau, elles doivent avancer main dans la main.
Bref, on mesure le chemin parcouru 😜.
Accueillir Aude : quand le voyage devient école partagée

Bienvenue à bord Aude !
Cette suissesse de 28 ans, passionnée de sports en tout genre et de nature, nous a contacté avec une idée folle : traverser l’Atlantique avec son vélo pour rejoindre l’Amérique centrale, en limitant son empreinte carbone. Elle embarque avec nous comme équipière-stagiaire, curieuse de découvrir la navigation, le homeschooling, la vie en mer, et les dynamiques familiales en milieu confiné. Elle est institutrice (ce qui ne gâche rien) et est déjà très excitée de larguer les amarres !
Nous avons de débriefer avec elle de son séjour à bord ;-), elle nous a déjà confirmée (après deux jours passées avec nous à la marina) qu’elle n’allait pas être déçue du voyage !
On vous en dit plus sur elle très vite. En attendant, sachez déjà qu’une fois arrivée aux Antilles, elle recherchera un bateau en partance des Antilles pour l’Amerique Centrale ! Si vous avez des pistes, partagez-les ! (On valide d’office.)

Starlink : on débranche !
Pendant 2,5 ans, nous avons vécu sans internet. Puis Starlink est arrivé – par nécessité professionnelle, mais avec un goût amer. Payer Elon Musk chaque mois, c’est une sorte de trahison symbolique. Ca nous fait mal quoi ! Et on a dû mal à assumer !! Alors, pour cette traversée, on coupe tout. Bon, que nos parents se rassurent, on garde la balise Garmin no worries !!
Et une navigation sans internet, c’est quand même autre chose !!
Pour finir, on vous partage notre réflexion 🤷♀️ sur le fait que la SNCF proposait désormais des wagons sans enfants (alors même que tu peux emmener ton chat !!), une mesure qui nous parait excluante sous couvert de confort, alors que 80 % des Français n’ont jamais pris le TGV. Bref, cette offre ne répond pas à une demande populaire, mais à une logique élitiste. Et de surcroit, la SNCF est 100 % détenu par l’Etat, ce qui signifie qu’elle ne devrait pas normaliser la « division », mais plutôt être un laboratoire de mixité sociale, rempart contre les fractures ! Alors, si vous aussi, vous refusez que l’espace public devienne un terrain de segmentation, on vous partage le lien de la pétition . Et si vous avez besoin que l’on développe ce point, j’ai écrit un article sur le sujet, ici >>











