« Roberto, mi palmo !  » – Passion apnée sur Zaï Zaï

Il y a un peu moins de 10 ans, nous avons pris des cours d’apnée.
Une pratique à mi chemin entre la méditation et l’activité sportive, où l’on met ses grandes palmes, ses poids, son masque de prédilection avant de filer à 5, 10, 15, voire 20 m sous l’eau, sans rien de plus que son souffle.
C’est Gweno qui m’a motivé. J’avais pourtant prévenu le prof : « franchement, si je vais à 3m, je serais déjà contente ». Je me faisais des idées, je me disais  que mes oreilles ne tiendraient pas, sans compter mon souffle !
En 4h, ce type extra a réussi à nous faire descendre à 25 mètres. On y est allés par étape, en prenant notre temps et sans se faire mal. Une expérience marquante : aujourd’hui, nous nous souvenons encore parfaitement de la manière dont s’était déroulé ce cours. Depuis, on est mordus de cette pratique (surtout dans le chaud ;-). On est loin d’être Jacques Mayol ou Guillaume Nery, mais on garde toujours un oeil sur l’autre – parce que passé 10 m, on se dit vite « ah ouais MAN, c’est du délire ton truc » – .
Une fois arrivés aux Antilles, nous n’avions qu’une envie, c’était de pouvoir partager cette pratique avec nos filles. Oui mais voilà, âgées de 4,5 et 3 ans, on avait du pain sur la planche avant de pouvoir les emmener sereinement. Par exemple, commencer par leur apprendre à nager.
A force de nous voir plonger, elles ont eu envie de venir nager avec nous.  On s’est dit, pas de pression, au pire elles feront de la wing ou du mini !
On a commencé par aller se dégourdir les pattes en s’amusant à l’arrière du bateau et sur les plages. Elles ont fait des bulles dans l’eau, pris des frites pour être plus à l’aise, parfois la ceinture ventrale. On a testé le masque, les lunettes ou rien. Le maillot, le lycra intégral, la combinaison ou à poil. Les paddles sont mis à l’eau pour leur servir de plateforme. Il y a toujours un de nous deux à l’eau pour les aider et qu’elles ne se noient pas précipitamment lorsqu’il y a du fond, que c’est trouble, qu’il y a du courant et des baracudas.
Petit à petit, les filles se sont habituées et se sont transformés en véritables poissons.
Elles sautent,  plongent, font des galipettes, se mettent sur le dos. Elles se tapent des barres de rire à en boire la tasse.  L’une ne sort jamais sans son petit masque, tandis que l’autre est une puriste, elle préfère la nage sans rien, tête dans l’eau et fesses en l’air. Parfois, on lui propose des petites lunettes, histoire qu’elle y voit quelque chose. Chacun son style et sa technique. Après 6 mois à passer leur vie dans l’eau, on commence tout juste à les emmener faire des petites apnées. Julie cherche à descendre. Elle dit : « Emmène moi au fond ! » et plonge à presque 3 m pour ramasser du sable ou récupérer un objet.
L’avantage de l’apnée, c’est que l’on peut pratiquer avec très peu de matériel et  permet un grand rapprochement avec la nature. On adore y observer sous l’eau la vie marine. Quand tu descends près des tombants, c’est de plus en plus débordant. C’est parfois du délire de pouvoir être témoin d’autant de vies et couleurs. On imagine facilement Nemo et ses cousins en train d’aller à l’école, le banc de barracuda qui fait la sieste, la raie léopard qui va déj’ au resto avec ses potes, et Doris qui a encore oublié où elle était. Sous l’eau, l’appréhension des requins n’est plus la même : la peur nous a presque quittée.
Quand à bord, la tension monte, l’apnée est un vrai remède fait de bonnes ondes.
Aux Antilles, la pratique est surement bien plus facile. On verra bien ce que cela donne dans une eau à 15 degrés. Mouhahaha.

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